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L'éthique


Les procréations médicalement assistées suscitent de nombreuses questions d'éthique. Nous vous proposons d'en examiner trois et de vous apporter quelques éléments de réflexion.
 
                                                                                                                    Laurent RAVEZ, Ethicien


Avoir un enfant est-il un droit?

Avoir un enfant est-il un droit (comme le droit à la santé ou à la vie)?
La médecine a-t-elle le devoir de permettre à chacun de faire respecter ce droit?

Avoir un enfant est-il un droit?

Avoir un enfant est-il un droit (comme le droit à la santé ou à la vie)?
La médecine a-t-elle le devoir de permettre à chacun de faire respecter ce droit?



Pour beaucoup d'entre nous, avoir des enfants est avant tout de l'ordre du désir. Certains vont plus loin et parlent d'un besoin. On aurait besoin de faire des enfants, comme on a besoin de se nourrir, de s'abriter, de se reposer, etc. Si avoir des enfants est un besoin, alors il est normal, lorsque celui-ci n'est pas satisfait, de chercher de l'aide.

La médecine étant aujourd'hui un élément important de la société occidentale, c'est de plus en plus vers elle que l'on se tourne quand un besoin n'est pas satisfait. Cependant, parler ainsi d'un besoin d'enfant est trop rapide et gomme une partie de la complexité du phénomène. On ne sait pas très bien pourquoi à un moment de notre vie, nous éprouvons le désir d'un enfant. De nombreux facteurs interviennent, certains étant essentiellement culturels, d'autres beaucoup plus personnels. Mais on peut très bien vivre, sans réaliser tous ces désirs. Cela dit, ne pas pouvoir avoir d'enfant, alors qu'on le souhaite très fort, peut gâcher la vie et avoir des répercussions tant sur la santé physique que mentale. Lorsque c'est le cas, il est probablement du devoir de la médecine de répondre à cette détresse.
 
La médecine n'est cependant pas toute-puissante en matière de procréation comme pour d'autres dysfonctionnements, et ne peut donc agir que dans la limite de ses compétences. Dès lors, plutôt que de parler d'un droit à l'enfant, on devrait parler d'un droit d'être aidé, y compris médicalement, lorsqu'on ne peut obtenir l'enfant que l'on désire.


Qu'en est-il des rapports de filiation pour les enfants conçus par PMA?

Les techniques de procréation médicalement assistée menacent-elles les rapports de filiation habituels?
Les enfants conçus par PMA ont-ils les mêmes rapports avec leurs parents que les autres enfants?

Qu'en est-il des rapports de filiation pour les enfants conçus par PMA?

Les techniques de procréation médicalement assistée menacent-elles les rapports de filiation habituels?
Les enfants conçus par PMA ont-ils les mêmes rapports avec leurs parents que les autres enfants?



Les techniques de PMA sont souvent accusées de dissocier l'aspect biologique de la paternité (ou de la maternité) de son aspect social, en perturbant ainsi l'équilibre familial. Il est vrai que lorsqu'il faut recourir à un donneur de gamètes (ovules ou spermatozoïdes) extérieur au couple, le père ou la mère biologique de l'enfant va être différent du père ou de la mère social.

Certains estiment alors que l'on ne sait plus qui sont vraiment les parents de l'enfant ainsi conçu. Cependant, dans la culture occidentale comme dans de nombreuses autres cultures, la filiation est avant tout une affaire sociale. Pour beaucoup d'entre nous, les parents d'un enfant sont ceux qui se reconnaissent et que la société reconnaît en tant que tels, quelle que soit la filiation biologique. Etre parents c'est aussi et surtout « devenir parents ».


Quel statut moral pour les embryons?

Quel est donc le statut moral des embryons que les techniques de procréation médicalement assistée sont amenées à créer et à manipuler?
Les embryons obtenus après fécondation de l'ovule sont-ils déjà des personnes?

Quel statut moral pour les embryons?

Quel est donc le statut moral des embryons que les techniques de procréation médicalement assistée sont amenées à créer et à manipuler?
Les embryons obtenus après fécondation de l'ovule sont-ils déjà des personnes?



La question du statut de l'embryon humain hante l'humanité depuis toujours, mais les PMA l'ont rendue plus concrète en faisant apparaître au grand jour ce qui était jadis caché dans le ventre de la femme. Une majorité de médecins ou de biologistes amenés à manipuler l'embryon humain estime que celui-ci est autre chose que du matériel biologique que l'on peut traiter comme un objet.

Mais s'il n'est pas une chose, l'embryon n'est pas pour autant nécessairement une personne. En réalité, les scientifiques manquent d'informations pour déterminer de façon certaine ce qu'est moralement l'embryon.
 
Dans le doute, beaucoup de médecins et de scientifiques se donnent pour règle de conduite de respecter l'embryon pour lui-même bien sûr, mais aussi et surtout parce qu'il est souvent très précieux pour ses parents.


Homoparentalité et procréation assistée

Une parentalité alternative suppose-t-elle une approche médicale différente?
Requière-t-elle une préparation psychosociale spécifique?

 

Homoparentalité et procréation assistée

Une parentalité alternative suppose-t-elle une approche médicale différente?
Requière-t-elle une préparation psychosociale spécifique?

 


La prise en charge du projet parental des couples de lesbiennes est effective en Belgique depuis les années 80. La Belgique n’a fait l’impasse ni sur l’adaptation sociale et juridique afin encadrer cette parentalité différente, ni sur l’évaluation prospective du bien-être des enfants au travers d’études médicales bien menées (Breawaeys et al., 1997). Les conclusions de ces études sont cohérentes et convergent pour conclure positivement, ce qui pose dès lors question quant aux motivations du refus de traitement de ces patientes dans d’autres pays (Hunfeld et al., 2002).

Cela étant, cette parentalité différente suppose que l’on prépare et questionne les patientes afin de faciliter l’accueil et l’intégration de l’enfant dans sa famille élargie et dans la société en général. L’approche médicale sera également adaptée à ces patientes nécessitant une prise en charge médicale alors qu’il n’existe pas de réelle pathologie d’infertilité.

 

Les préalable à la prise en charge de l’homoparentalité


  • La prise en charge de l’homoparentalité doit évidemment d’abord répondre aux exigences juridiques du pays concerné afin de réaliser le traitement en toute légalité et d’accueillir l’enfant dans un contexte sociétal qui l’encadre et le protège.

    En Belgique, la prise en charge des patientes est réglementée par plusieurs textes de loi fixant l’agrément limité des centres de PMA ainsi que leur fonctionnement et le remboursement des traitements. La loi de juillet 2007 intitulée «Loi relative à la PMA et à la destination des embryons surnuméraires et des gamètes» précise les aspects éthiques de l’accès aux soins. Elle définit «l’ auteur du projet parental comme toute personne ayant pris la décision de devenir parent par le biais d'une procréation médicalement assistée, qu'elle soit effectuée ou non au départ de ses propres gamètes ou embryons». Cette définition reconnait donc explicitement la parentalité pour des parents du même sexe ou seuls.

    En Europe, la Belgique ne fait pas figure d’exception puisque d’autres pays travaillent selon les mêmes principes: l’Espagne, Les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Finlande, le Danemark, la Grèce pour ne citer que les pays les plus proches de la France qui refuse cette prise en charge. Bien d’autres à l’est adoptent une attitude d’ouverture semblable (République Tchèque, Estonie, Russie, Lituanie).
     

  • L’accueil de l’enfant au sein d’une famille homoparentale implique que cette famille soit reconnue légalement au sein de la société dans laquelle elle évolue.

    En Belgique, le mariage homosexuel a été légalisé en janvier 2003 et la possibilité pour les couples homosexuels d’adopter en avril 2005. Cette dernière avancée est capitale pour permettre au parent qui n’a pas de lien génétique avec l’enfant d’être reconnu à part entière et d’avoir des droits et une autorité parentale équivalente au parent génétique du couple homosexuel. De nouveau, cette législation ne fait que renforcer un mouvement amorcé dans les pays du Nord puisqu’une telle adoption est légale depuis 1999 au Danemark, 2001 au Pays-Bas au, 2003 en Suède, 2005 en Allemagne, Espagne et Royaume-Uni.
     

  • La question essentielle qui sous-tend l’adhésion à l’homoparentalité est sans aucun doute le devenir et le bien-être des enfants ainsi conçus et élevés.

Cette question a fait l’objet de nombreuses études publiées dans des revues scientifiques reconnues, ce qui permet d’atteindre un bon niveau de preuve, et avec des conclusions identiques que ces études aient été menées en Europe ou outre-Atlantique.
Elles peuvent se résumer comme suit :
 
  • L'évaluation du développement psychosocial des enfants et de la qualité de l’éducation («parenting») au sein des couples homosexuels ne met pas en évidence de différences significatives avec les couples hétérosexuels: ces enfants «fonctionnent» bien jusqu’à l’âge adulte tant sur base de leur relation familiale positive que de leur bien-être psychologique. Ils ont une bonne estime de soi et on observe une orientation sexuelle parallèle à celle des enfants éduqués par un couple hétérosexuel.
 
  • Ce n’est pas l’orientation sexuelle ou le type de famille qui est prédictif du bien-être de l’enfant mais bien la chaleur et le soutien qui lui seront apportés.
 
  • Refuser l’accès aux IAD pour les lesbiennes parce que ce n’est pas dans l’intérêt de l’enfant est injustifié sur base des études réalisées.
 

A l’heure actuelle, il n’existe plus d’arguments scientifiques qui soutiennent le rejet de la prise en charge des couples homosexuels. Ce refus relève de la liberté thérapeutique de chacun, en fonction de sa position éthique, mais il pourrait être qualifié de discriminatoire avec comme seule base, en elle-même condamnable, l'orientation sexuelle.

 

IAD en Belgique, quelques chiffres


En Belgique, les centres de PMA doivent effectuer un enregistrement online de leurs données. On estime que 75 à 89% des IIU pratiquées en Belgique sont effectivement enregistrées dans la base de données du site www.belrap.be et accessibles à tous.
Si l'on se réferre à ces enregistrements, quelques données concernant les IAD sont interprétables (années 2008-2009):

  • 26.013 IIU ont été initiées dont 2.241(8,6%) abandonnées sur ces 2 années.
  • 29% des patientes concernées ne disposaient pas d’un remboursement par la sécurité sociale. Ce chiffre correspond aux patientes étrangères dont la majorité viennent de France et aussi de Hollande soit 7.584 couples.
  • Pour 74% des IAD, l’indication du recours au donneur était l’absence de partenaire (= homoparentalité et femmes célibataires).
  • Le taux de grossesses cliniques (rythme cardiaque positif) après IAD est de 15%.


Prise en charge médicale des IAD dans le cadre d’une parentalité alternative


Cette prise en charge pose 2 questions: d’une part, cette population particulière de patientes, ne consultant pas a priori pour une infertilité mais pour avoir accès à une banque de sperme, nécessite-t-elle une approche médicale différente en termes de stimulation associée à l’IAD? Et d’autre part, cette parentalité « sans père » requière-t-elle une préparation psychosociale spécifique?
 

Stimulation et IAD
 

Peu de données spécifiques relatives aux résultats d’IAD dans cette population spécifique sont disponibles.
Une étude londonienne a évalué rétrospectivement les facteurs pronostics de 1.056  IAD réalisées chez 261patientes: 212 célibataires et 49 lesbiennes. Les taux cumulatifs de grossesses après 8 cycles d’IAD étaient de 86 à moins de 35,51% entre 35-40 ans et 32% à plus de 40 ans. Il n’existe pas de différence pour le taux de grossesses par cycle entre les femmes célibataires (9,6%) et lesbiennes (13,5%). Aucune différence significative n’est observée pour le taux de grossesses en cycles naturels, stimulés et ce même pour les patientes plus âgées.

L’auteur en conclut  qu’il s’agit d’une population fertile où l’usage de stimulation ovarienne empirique ne modifie pas significativement le taux de grossesses, quel que soit l’âge et la molécule utilisées. Le taux d’accouchement est lié à l’âge avec 3% de naissances vivantes par cycle au-delà de 40 ans. La majorité des grossesses sont obtenues durant les 5 premiers cycles.

Cette étude permet de confirmer qu’il est inutile de stimuler une patiente avec des cycles normaux dont l’indication du traitement est juste l’utilisation de sperme de donneur. La surmédicalisation de cette population saine n’a d’autre effet que d’augmenter les grossesses multiples. L’âge reste le principal facteur pronostic, invitant ces patientes comme d’autres à ne pas repousser l’âge de la conception au-delà de 35 ans.
 


Une préparation psychosociale spécifique
 

Compte tenu des résultats positifs des études concernant le développement psychosocial de l’enfant au sein des couples homoparentaux, se pose la question de la légitimité de cette «préparation à la parentalité différente». Certains centres, rassurés par ces données scientifiques, ont abandonné cette approche et encadre les couples homosexuels comme les couples hétérosexuels consultant pour stérilité.

Au CHC, nous avons opté pour un principe de précaution. Sachant que la plupart des études publiées basent leurs observations sur des couples ayant bénéficié d’un encadrement psychologique avant d’entamer les traitements, nous avons opté pour une approche globale et spécifique.

Notre mode de prise en charge se base sur le concept de l’écoute «à quatre oreilles» qui souligne l’importance de l’interprétation du discours des patientes du point de vue du gynécologue et du point de vue du spécialiste du bien-être, un psychiatre ou un psychologue. Notre  prise en charge inclut un entretien avec le gynécologue et deux autres avec la psychologue avant décision pluridisciplinaire. Le début de la prise en charge médicale n’est jamais envisagée avant l’annonce de l'acceptation dans le programme.

Le premier entretien avec le gynécologue, qui a lieu avant l’acceptation de la demande, est donc aussi d’ordre psychosocial. Le gynécologue qui réalisera effectivement l’acte de l’insémination s’assure que la demande est en adéquation avec ce qui lui semble important, de son point de vue. Cela nous semble en effet capital que le médecin concerné soit à l’aise avec l’acte qu’il posera. De plus, cette approche plus pragmatique avec un somaticien permet un entretien d’emblée plus factuel. La rencontre ultérieure avec la psychologue et l’élaboration des questionnements qui en résulteront permettront d’apaiser et de donner sens à cette première «confrontation» directe avec une réalité abordée de front.

Ces différentes consultations constituent souvent la base du cheminement vers une parentalité différente, mieux appréhendée. Elles permettront d’anticiper les éventuelles difficultés en insistant, au cours des entretiens successifs avec le somaticien et le psychiatre, sur la nécessité de transparence, de stabilité et de cohérence. Cette réflexion commune, entre praticiens et futurs parents, devra toujours être considérée comme une préparationn et non comme une évaluation.
 

 

References

 

  • Anderssen N, Amlie C, Ytterøy EA. Outcomes for children with lesbian or gay parents. A review of studies from 1978 to 2000. Scand J Psychol. 2002 Sep;43(4):335-51.

  • Baetens P, Brewaeys A. Lesbian couples requesting donor insemination: an update of the knowledge with regard to lesbian mother families. Hum Reprod Update. 2001 Sep-Oct;7(5):512-9.

  • Brewaeys A, Ponjaert I, Van Hall EV, Golombok S. Donor insemination: child development and family functioning in lesbian mother families. Hum Reprod. 1997 Jun;12(6):1349-5.

  • Delvigne A. La maternité autrement - «Un bébé toute seule» - p : 88. Claire Rommelaere et Laurent Ravez (éds),  Presses universitaires de Namur, Collection Epistémologie et éthique du vivant n°8, 2013.

  • Ethics Committee of the American Society for Reproductive Medicine. Access to fertility treatment by gays, lesbians, and unmarried persons. Fertil Steril. 2009 Oct;92(4):1190-3.

  • Ferrara I, Balet R, Grudzinskas JG. Intrauterine insemination with frozen donor sperm. Pregnancy outcome in relation to age and ovarian stimulation regime. Hum Reprod. 2002 Sep;17(9):2320-4.

  • Frederick JL, Denker MS, Rojas A, Horta I, Stone SC, Asch RH, Balmaceda JP. Is there a role for ovarian stimulation and intra-uterine insemination after age 40? Hum Reprod. 1994 Dec;9(12):2284-6.

  • Golombok S, Tasker F, Murray C. Children raised in fatherless families from infancy: family relationships and the socioemotional development of children of lesbian and single heterosexual mothers. J Child Psychol Psychiatry. 1997 Oct;38(7):783-91.

  • Golombok S, Perry B, Burston A, Murray C, Mooney-Somers J, Stevens M, Golding J. Children with lesbian parents: a community study. Dev Psychol. 2003 Jan;39(1):20-33.

  • Golombok S, Badger S. Children raised in mother-headed families from infancy: a follow-up of children of lesbian and single heterosexual mothers, at early adulthood. Hum Reprod. 2010 Jan;25(1):150-7.

  • Hunfeld JA, Fauser BC, de Beaufort ID, Passchier JP. Child development and quality of parenting in lesbian families: no psychosocial indications for a-priori withholding of infertility treatment. A systematic review. Hum Reprod Update. 2002 Nov-Dec;8(6):579-90.

  • Maccallum F, Golombok S. Children raised in fatherless families from infancy: a follow-up of children of lesbian and single heterosexual mothers at early adolescence. J Child Psychol Psychiatry. 2004 Nov;45(8):1407-19.
     


Les limites de la PMA

La procréation médicalement assistée est souvent un sujet de débat. Ce qui pose questions s’articule la plupart du temps autour des «limites»: qui traiter? jusqu’à quel âge? combien de fois? sans quelles conditions?

Les limites de la PMA

La procréation médicalement assistée est souvent un sujet de débat. Ce qui pose questions s’articule la plupart du temps autour des «limites»: qui traiter? jusqu’à quel âge? combien de fois? sans quelles conditions?


Ils existent des limites biologiques, comme l’âge de la femme qui restreint la qualité ovocytaire et donc les résultats. Il y a ensuite les limites légales qui apportent des précisions en définissant, par exemple, «les auteurs du projet parental» (les futurs parents), sans discrimination sur le nombre (femme célibataire) et sur le sexe (homoparentalité). Enfin, chaque centre peut, selon la loi, se retrancher derrière une clause de conscience, qui fixe les limites éthiques propre à chaque structure et à chaque individu, pourvu qu’ils respectent les termes de la loi.


Les limites de l’âge et les limites de la vie...


Elles sont définies par la loi pour différents aspects comme la possibilité d’avoir accès à certaines techniques de PMA et les possibilités de remboursement des traitements.

Les limitations sont bien définies pour les femmes. En Belgique, l'âge limite légal pour réaliser une fécondation in vitro avec ses propres ovocytes est fixé, jusqu’à ce jour, à 45 ans et à 43 ans pour le remboursement par les mutualités. En pratique, les résultats médiocres obtenus après 42 ans amèneront probablement le législateur à revoir à la baisse la date limite pour le remboursement.

Notre centre suit la loi du remboursement et limite actuellement la prise en charge classique à 43 ans. Au-delà de cet âge, nous invitons le couple à s’orienter éventuellement vers le don d’ovocytes, seule solution réellement  efficace au-delà de 42 ans. Aucune dérogation à cette attitude n’est acceptée afin de ne pas orienter le couple vers une solution sans issue et coûteuse. L’âge limite pour introduire une demande de recours à une PMA avec don d’ovocytes est de 45 ans et de 47 ans pour l’ultime transfert embryonnaire.

Pour l’homme, il n’existe pas de limitation légale. Nous demandons aux pères de plus de 50 ans qui s’engagent dans un projet parental de réaliser un bilan de santé, afin de mettre éventuellement en place des aménagements à leur mode de vie en fonction des facteurs de risque ou des anomalies mises en évidence.

Ces limites d’âge restrictives pour l’un et pas pour l’autre tiennent compte d’aspects biologiques comme la qualité des ovocytes, qui diminue avec l’âge, et les risques de la grossesse pour une mère plus âgée. Pour l’homme, lorsqu'il est âgé, se pose la question de l’importance pour un enfant d’avoir un père à court et long terme et avec elle d'autres plus délicates comme l’espérance de vie et la qualité de l’accompagnement de l’enfant par des parents plus âgés… Ces questions sont tout aussi prégnantes quand la vie de l'un des partenaires est en danger à cause de maladies connues, chroniques ou en rémission.

Dans notre centre, nous avons décidé d’envisager toutes ces situations au cas par cas et au sein d’une prise en charge pluridisciplinaire (médecins, psychologues, voire auprès du Comité d’éthique pour les situations très difficiles) et ce en toute transparence par rapport aux parents. Lorsque la vie du père, ou de la mère, est menacée à court ou moyen terme, ces situations sont discutées et des alternatives sont envisagées. L’avis des médecins prenant en charge les pathologies en cours participe à la décision. Cette façon de faire permet d’assurer au mieux la continuité de la charge parentale et/ou d’envisager un encadrement alternatif pour l’enfant.

La loi permet l’insémination post-mortem, mais notre centre ne la pratique pas, se retranchant derrière la clause de conscience.


Qui prendre en charge?


La loi définit «l’auteur du projet parental comme toute personne ayant pris la décision de devenir parent par le biais d'une procréation médicalement assistée, qu'elle soit effectuée ou non au départ de ses propres gamètes ou embryons». Cette définition reconnait donc explicitement la parentalité pour des parents du même sexe ou seuls.

Notre centre limite sa prise en charge aux couples hétérosexuels ou homosexuels constitués depuis au moins un an. Le Comité d’éthique n’a pas entériné la parentalité pour les femmes célibataires.


Combien de fois?


Cette question impose d'envisager le problème du pronostic de chacun et des limites de l’acharnement thérapeutique dans le cadre de la procréation assistée.

La règle de base est de prendre en charge les couples qui ont des chances «raisonnables» de grossesse avec le traitement le moins invasif possible, à savoir avec le moins d’effets secondaires physiques mais aussi psycho-sociaux. Par exemple, dans la mesure du possible, quand les problèmes d’infertilité le permettent, il sera toujours proposé une insémination intra-utérine avant le recours à la fécondation in vitro.

La question du rapport coût/bénéfice pour la société doit aussi être envisagée, bien qu'elle soit souvent difficile à appréhender au niveau individuel.

C’est donc une fois encore le dialogue singulier de chaque couple avec son médecin, au cas par cas, sur base des données scientifiques et de l’histoire personnelle de chacun, qui dessine les limites et définit ce qui constitue des chances «raisonnables» et acceptables pour tous. La définition de ces limites se fera parfois au prix du deuil difficile de la parentalité, mais cette démarche sera le fruit d’un cheminement accompagné et motivé.




Glossaire

adhérences

accolement cicatricielle de deux tissus à l'intérieur de l'abdomen après une infection ou une intervention

aménorrhée

absence de règles

andrologie

étude des maladies du système reproducteur masculin

anéjaculation

absence d'éjaculation

anovulation

absence d'ovulation

asthénospermie

absence totale de spermatozoïdes dans le sperme

biopsie testiculaire

fragment de tissu testiculaire prélevé chirurgicalement à l'intérieur duquel on peut rechercher des spermatozoïdes nécessaires à la fécondation

blastocyste

embryon âgé de 5 jours qui contient déjà une centaine de cellules et une cavité centrale

blastomère

cellule d'un embryon

canal déférent

conduit situé dans les organes reproducteurs de l'homme permettant le transfert du sperme

caryotype

analyse du nombre et de la structure des chromosomes effectuée sur les cellules du sang. Il permet de mettre en évidence certaines causes d'infertilité ou de fausses couches chez les deux membres du couple

cellules germinales

cellules des ovaires et des testicules qui donneront ovocytes et spermatozoïdes)

chlamydia

bactérie qui peut provoquer chez la femme une infection pouvant passer relativement inaperçue. Celle-ci est dangereuse pour la fertilité car elle se propage au niveau des trompes et provoque de façon insidieuse des dégâts irrémédiables à leur niveau

cryopréservation

conservation des cellules à très basse température (produits utilisés: cryoprotecteurs)

cumulus oophorus

couronne de cellules entourant l'ovule

éjaculat

sperme recueilli lors d'une éjaculation

embryon

ensemble de cellules résultant de la fécondation d'un ovule par un spermatozoïde. Il gardera le nom d'embryon jusqu'à 3 mois de conception

endomètre

muqueuse utérine qui revêt l'intérieur de la cavité. Celle-ci se transforme au cours du cycle afin de devenir réceptive à la nidation de l'embryon

endométriose

présence de muqueuse endométriale en dehors de la cavité utérine, à l'intérieur du ventre et dans les ovaires. Cela peut occasionner une infertilité. Le traitement peut être médical, chirurgical... ou la survenue d'une grossesse

épididyme

organe allongé situé à la partie postérieure du testicule. Il sert à véhiculer le sperme des testicules aux canaux déférents

fertilité

aptitude à procréer

fibrome ou fibromyome

tumeur bénigne du muscle de l'utérus présente chez un tiers des femmes de plus de 35 ans, et qui n'entraîne aucun risque de cancérisation

FIV

fécondation in vitro

FIVETE

fécondation in vitro et transfert d'embryon

fœtus

l'embryon, lorsqu'il a terminé son 3e mois de développement, devient un fœtus, et ce jusqu'à l'accouchement

follicule

cavité liquidienne qui se développe chaque mois dans l'ovaire et qui contient l'ovocyte. Visible à l'échographie, le follicule mesure 2 cm à l'ovulation alors que l'ovocyte, qui mesure 120 microns, est invisible à l'œil nu

gamète

cellule reproductrice, qu'elle soit mâle (spermatozoïde) ou femelle (ovocyte)

glaire cervicale

liquide visqueux sécrété par le col de l'utérus laissant passer les spermatozoïdes lors de la période d'ovulation

globule polaire

petite cellule contenant 23 chromosomes qui est évacuée lors de la formation de l'ovule fécondable et lors de l'ovulation

grossesse biochimique

grossesse uniquement identifiable par dosage hormonal, et dont l'évolution s'arrête avant que son développement permette l'identification par échographie

grossesse extra utérine

grossesse qui se développe en dehors de l'utérus et qui nécessite une interruption par médicaments ou chirurgie

hormone

substance fabriquée par les glandes qui agit sur un organe cible

hypophyse

glande située à la base du cerveau agissant sous l'influence de l'hypothalamus, située plus haut dans le cerveau. L'hypophyse sécrète des hormones qui agissent, entre autres choses, au niveau des ovaires et des testicules

IAC

insémination artificielle par le sperme du conjoint

IAD

insémination artificielle par le sperme d'un donneur

ICSI

injection intra-cytoplasmique du spermatozoïde dans l'ovule (intra cytoplasmic sperm injection)

IIU

insémination intra-utérine

infertilité

incapacité pour un couple de procréer

insémination

mise en contact de l'ovule et des spermatozoïdes en fécondation in vitro

microscopie électronique

technique particulière d'analyse approfondie de la structure d'une cellule, par exemple du spermatozoïde, afin d'en évaluer le pouvoir fécondant. Cet examen peut se faire en plus d'un spermogramme classique

milieu de culture

liquide nutritif dans lequel sont cultivés les gamètes puis les embryons

oestrogène

hormone féminine sécrétée par l'ovaire, dont la principale, lors de la première partie du cycle, est l'œstradiol

oligo(zoo)spermie

diminution du nombre de spermatozoïdes éjaculés

ovaire

glande génitale féminine qui produit les ovules ou ovocytes

ovaire micropolykystique

syndrome qui associe les troubles de l'ovulation, un excès d'hormones mâles avec une image échographique particulière

ovariectomie

enlèvement chirurgical d'un ovaire

ovocyte ou ovule

cellule reproductrice femelle

paille

tube fin qui contient les spermatozoïdes ou les embryons congelés au laboratoire. Une paille peut contenir un ou plusieurs embryons ou plusieurs milliers de spermatozoïdes

paillette

tube fin qui contient les spermatozoïdes ou les embryons congelés au laboratoire. Une paille peut contenir un ou plusieurs embryons ou plusieurs milliers de spermatozoïdes

PMA

procréation médicalement assistée

polype utérin

petite tumeur bénigne qui se développe dans la cavité utérine au départ de l'endomètre

ponction épididymaire

acte chirurgical qui consiste à aspirer des spermatozoïdes dans l'épididyme

progestérone

hormone sécrétée par le corps jaune durant la deuxième moitié du cycle. Le corps jaune est la glande qui succède au follicule après la rupture de celui-ci lors de l'ovulation

pronuclei

noyau du spermatozoïde ou de l'ovocyte avant leur fusion dans l'œuf fertilisé

prostate

glande génitale chez l'homme située à la base de l'urètre, et dont les sécrétions contribuent à la formation du sperme

spermatogenèse

processus de fabrication des spermatozoïdes

spermatozoïde

cellule reproductrice masculine

spermoculture

recherche d'une infection dans le sperme, souvent réalisée à l'occasion d'un spermogramme

tératospermie

évaluation de la forme des spermatozoïdes. Le taux de formes "normales" est en relation avec leur pouvoir de fécondation

testicule

glande génitale masculine qui produit les spermatozoïdes et les hormones responsables des caractères physiques masculins

trompe de Fallope

canal qui relie l'utérus à l'ovaire. C'est à cet endroit que la fécondation naturelle se passe

utérus

organe qui possède une cavité virtuelle où l'embryon va s'implanter et se développer jusqu'à l'accouchement. Couramment appelé matrice

varicocèle

varices autour des testicules pouvant être à l'origine d'une diminution de la fertilité

zone pellucide

couche entourant l'ovocyte qui doit être pénétrée par le spermatozoïde lors de la fécondation

zygote

ovocyte fécondé